L’agenda national de la réforme de l’éducation en Haiti. Partie 1

Le Forum libre du jeudi organisé par le Centre Pétion-Bolivar sous les auspices de la Fondation Friedrich Ebert, s’est tenu à l’hôtel Le Plaza, à Port-au-Prince, le 15 octobre 2015. Le thème de ce forum auquel a assisté Jean-Gérard Anis, coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de FOKAL, portait sur l’agenda national de la réforme de l’Education en Haiti. Un panel de 4 personnalités* du monde de l’éducation a pris tour à tour la parole pour intervenir sur différents aspects de ce thème sensible pour le pays.

Les quatre intervenants se sont succédé pour traiter 4 aspects du thème (nous en traitons trois dans cet article en 4 parties): le premier, Rénold Telford, directeur général du MENFP, a présenté le contexte historique et la vision de la réforme éducative du MENFP ; le deuxième, Patrice Dalencour, ancien ministre et spécialiste en éducation a effectué une critique objective de la réforme de l’éducation ; le 3e intervenant a mis à nu les contradictions de la réforme du curriculum .

Quel modèle d’enseignement pour nos élèves ?

La conférence s’est ouvert sur un documentaire, titré « La vraie révolution en Haiti : une éducation de qualité pour tous », réalisé par le prolifique cinéaste haïtien Arnold Antonin, avec le concours de « Haiti Futur », une ONG franco-haïtienne œuvrant dans le domaine de l’éducation. Le film présente un bilan de la situation consternante du système éducatif avec une proposition innovante inspirée d’une expérience de la Finlande. Nous vous livrons une synthèse des réflexions partagées dans le documentaire.

Le tableau de l’éducation haïtienne n’est pas rose, ni au gout du rose, c’est le cas de le dire… Le constat dressé par une éducatrice dans le film est alarmant : 20 % des enfants scolarisés atteignent le certificat, 8% atteignent le baccalauréat, mais pourtant 60 % du budget des familles est consacré à l’éducation des enfants. Ce qui résulte une perte de temps, un gaspillage d’argent et un gâchis de cerveau. Car l’école haïtienne produit des « jako repèt », des élèves qui répètent, récitent, étudient pour oublier. Le problème s’aggrave avec des éducateurs dont 85% ne sont pas des enseignants formés.

L’école haïtienne a besoin d’une révolution technique, humaine, éducative et sociale, affirme l’une des intervenants dans le documentaire. Et elle serait déjà en marche, croirait-on avec l’introduction de la technologie pour enseigner dans des écoles fondamentales, une expérimentation à l’œuvre dans des écoles publiques dans des zones rurales reculées du pays, sans routes carrossables ni électricité.

La technologie en soutien à l’éducation

Cette technologie consiste en un dispositif d’enseignement interactif utilisant, dans une salle de classe, un tableau numérique doté d’un stylet et relié à un ordinateur portable et un matériel de projection, d’une valeur de 3,000 dollars américains, le tout fonctionnant à l’énergie solaire. Out tableau vert ou noir, craie et chiffon. Le tableau est une surface plane sur laquelle sont projetés des contenus avec lesquels va interagir l’écolier (lettres, chiffres, dessins, signes, animations) pour apprendre à écrire, à lire, à compter, à dessiner, à colorier, bref  à apprendre. Le tout effaçable et reproductible en un clic tactile. 

Ce système a comme principale qualité de frapper l’imagination des enfants, témoigne une institutrice ayant expérimenté le dispositif avec ses élèves. La classe se transforme en labo, mieux même, devient une salle de jeu, qui fait passer de l’abstrait au concret immédiatement. Les enfants ont davantage envie de participer grâce à ce mirage technologique, dont le système est effectivement simple d’utilisation. Un guide du maitre y est associé.

La technologie n’est pas la panacée

Trois obstacles cependant empêchent la généralisation de ce système dans ces écoles. Tout d’abord, le coût : l’Etat haïtien aurait besoin d’investir 100 millions de dollars américains dans cette technologie pour équiper les 16,000 écoles fondamentales du pays. « L’éducation coute cher, mais ce serait un bon investissement, objecta une intervenante. Rien de comparable à ce qui est dépensé inutilement par l’Etat dans des projets bidon. Même si la technologie parait onéreuse au départ, elle sera vite amortie à terme».

La deuxième difficulté qui retarderait son extension est le manque de disponibilité de contenus numériques en créole. Il faudrait que le Ministère de l’éducation nationale fasse produire un nombre impressionnant de contenus créoles et haïtiens dans plusieurs disciplines d’enseignement au niveau du fondamental, dédiés ou adaptés à cette technologie de tableau numérique. Ce qui est quasi inexistant aujourd’hui.

Le troisième obstacle est la résistance au changement. Pour révolutionner l’éducation en Haiti, il faudra réformer l’enseignement et former les enseignants à ce nouveau système. Un travail d’Hercule, diront les uns, une gageure, diront d’autres. Sans moyens financiers certains et sans volonté politique réelle et soutenue, cette révolution éducative tant espérée risque vite de ne jamais dépasser le stade de l’idée. À moins d’un miracle ! Elle ne viendra probablement pas de la technologie…

À suivre…

Jean-Gérard Anis

Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes

FOKAL

*Malheureusement tous des hommes. La seule intervenante prévue a désisté pour des ennuis de santé.

L’agenda national de la réforme de l’éducation en Haiti. Partie 2

Le Forum libre du jeudi organisé par le Centre Pétion-Bolivar sous les auspices de la Fondation Friedrich Ebert, s’est tenu à l’hôtel Le Plaza, à Port-au-Prince, le 15 octobre2015. Le thème de ce forum auquel a assisté Jean-Gérard Anis, coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de FOKAL, portait sur l’agenda national de la réforme de l’Education en Haiti. Un panel de 4 personnalités* du monde de l’éducation a pris tour à tour la parole pour intervenir sur différents aspects de ce thème sensible pour le pays.

Les quatre intervenants se sont succédé pour traiter 4 aspects du thème (nous en traitons trois dans cet article en 4 parties): le premier, Rénold Telford, directeur général du MENFP, a présenté le contexte historique et la vision de la réforme éducative du MENFP ; le deuxième, Patrice Dalencour, ancien ministre et spécialiste en éducation a effectué une critique objective de la réforme de l’éducation ; le 3e intervenant a mis à nu les contradictions de la réforme du curriculum .

La réforme Bernard, l’alpha de toute réforme nationale éducative en Haiti

Le premier panéliste, Rénold Telfort, directeur général du MENFP, a posé le cadre global dans lequel s’inscrit cette réforme. Pour recadrer le système éducatif haïtien, il a effectué un survol des 30 dernières années qu’il a démarré en 1986 avec la célèbre réforme Bernard, ministre de l’éducation sous la présidence de Duvalier, qui demeure la référence en la matière, l’alpha d’où partent toutes les autres tentatives qui vont suivre. Parce qu’elle était révolutionnaire pour 3 raisons.

Tout d’abord, selon Rénold Telfort, la réforme Bernard avait introduit une rupture dans le système architectural du système éducatif. L’élève accomplit un cycle fondamental de 9 ans d’études lui fournissant des compétences qui le rendent disponibles pour le marché du travail. Sinon, il gravit un autre échelon de 4 ans, le nouveau secondaire, qui l’amène au baccalauréat, sésame pour poursuivre à l’université.

Deuxièmement, le créole devient langue d’enseignement et langue enseignée à l’école. Ceci a eu pour effet de provoquer une vague de réprobation et même de résistance de la part des acteurs de l’éducation : parents, élèves, éducateurs. D’ailleurs dès le préscolaire, 95% des enfants sont plongés sciemment dans le bain du français, 75 % des écoles fondamentales font la lecture en français aux élèves,  ignorant ainsi les directives du ministère de l’éducation nationale.

Troisièmement, de nouveaux programmes sont introduits avec une méthodologie d’approche par objectifs, jusqu’en 1996, qui imposait une feuille de route à l’enseignait et qui plaçait la pédagogie au cœur de l’enseignement.

De plan stratégique à plan opérationnel, l’éducation semble faire du surplace

A partir de 1996, le MENFP enchaine les plans. Au Plan national de l’Education et de la formation (PNEF), basé sur des axes stratégiques caractérisés par le renforcement de la qualité de l’éducation, de la gouvernance du secteur et l’efficacité externe, a succédé en 2007, un autre plan sur 10 ans, appelé « Stratégie nationale de l’éducation pour tous » (SNA/EPT), destiné aux enfants qui n’allaient pas à l’école. Il a été mis en œuvre pendant 3 ans, puis a suivi le Plan opérationnel 2010-2015 qui veut s’accorder avec les Objectifs du Millénaire de l’ONU dont Haiti est signataire. Enfin, à la faveur du forum mondial de l’éducation d’Incheon de 2015, en Corée du Sud, un cadre d’action est délimité, et un nouveau Plan opérationnel est à l’étude pour les 5 années à venir.

D’après les propos du directeur du MENFP, ce Plan opérationnel (2015-2020) sera marqué par :

- un recadrage du système éducatif pour circonscrire ses dysfonctionnements tels que des enseignants sans parcours de qualification, les déséquilibres entre écoles publiques et privées, l’inadéquation des infrastructures scolaires, des dispositifs juridiques pour la création d’écoles inadaptés, l’hémorragie des implantations sauvages d’écoles à juguler;

- des actions fortes allant dans le sens d’une valorisation du métier d’enseignant (identification des professeurs qualifiés, permis provisoire d’enseigner, avantages sociaux pour les profs, amélioration du standard de qualité des écoles), de l’augmentation du taux de scolarisation (amélioration du programme de scolarisation universelle, transformation des écoles communautaires en écoles publiques, élimination des nœuds gordiens de l’échec scolaire) ;

- la détermination du profil du futur citoyen haïtien (l’école haïtienne de nos jours forme les enfants pour vivre dans les années 1950) qui passe nécessairement par la maitrise des outils technologiques et numériques, la rénovation des programmes scolaires, l’introduction de nouvelles disciplines, (économie, informatique, citoyenneté), et un positionnement par rapport à d’autres pays de la Caraïbe ou du monde.

Perspectives

Rénold Telfort a annoncé l’ouverture du chantier du nouveau curriculum d’enseignement par son ministère. Mais beaucoup de questions demeurent : Qui veut-on former ? Pour quelle société ? Comment rendre nos jeunes compétents en Haïti et ailleurs ? Comment les rendre compétitifs dans la région et face aux pays émergents ?

Vaste chantier, me direz-vous, qui s’apparente encore à un autre travail d’Hercule. Espérons que l’Etat haïtien et la société dans son ensemble sauront mettre à profit ces fenêtres d’opportunités et conjuguer leurs efforts pour faire entrer nos enfants dans le XXIe siècle. Car il y a urgence…

A suivre…

Jean-Gérard Anis

Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes

FOKAL

*Malheureusement tous des hommes. La seule intervenante prévue a désisté pour des ennuis de santé.

L’agenda national de la réforme de l’éducation en Haiti. Partie 3

Le Forum libre du jeudi organisé par le Centre Pétion-Bolivar sous les auspices de la Fondation Friedrich Ebert, s’est tenu à l’hôtel Le Plaza, à Port-au-Prince, le 15 octobre 2015. Le thème de ce forum auquel a assisté Jean-Gérard Anis, coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de FOKAL, portait sur l’agenda national de la réforme de l’Education en Haiti. Un panel de 4 personnalités du monde de l’éducation a pris tour à tour la parole pour intervenir sur différents aspects de ce thème sensible pour le pays. La semaine dernière, nous avons publié la première partie de son article. Voici la deuxième partie. 

Les quatre intervenants se sont succédé pour traiter 4 aspects du thème (nous en traitons trois dans cet article en 4 parties): le premier, Rénold Telford, directeur général du MENFP, a présenté le contexte historique et la vision de la réforme éducative du MENFP ; le deuxième, Patrice Dalencour, ancien ministre et spécialiste en éducation a effectué une critique objective de la réforme de l’éducation ; le 3e intervenant a mis à nu les contradictions de la réforme du curriculum .

Anticipation, oui. Précipitation, non.

Le deuxième panéliste de la conférence, Patrice Dalencour, docteur en philosophie, spécialiste des sciences de l’éducation, ancien ministre, essayiste et professeur chevronné, s’est montré très préoccupé par la situation déplorable de l’enseignement en Haïti, en portant un regard objectif sur les avantages et les inconvénients de la réforme nationale de l’éducation que veut entreprendre le MENFP. Comme il le dit, « Il est temps de penser aux nouvelles conditions de transmission du savoir ». Mais il a peur. Et ses raisons d’inquiétudes n’ont pas manqué d’ébranler l’auditoire présent.

Il a peur que les changements qu’on veut apporter (nouveaux programmes, livres condamnés à l’obsolescence) ne soient pas des mesures précipitées. D’ailleurs, c’est ainsi qu’avait tourné court, selon lui, la réforme Bernard de 1986 qui a été torpillée par les conditions précipitées de sa généralisation. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ceci pour dire qu’ « il ne faut pas faire table rase de ce qu’elle contenait », et ne pas tomber dans la complexité.

Des balises à la réforme

Dalencour veut des balises. Doctement, il a énoncé quelques recommandations : « Il faut avoir de l’ambition pour notre jeunesse, car elle est capable de s’élever vers l’excellence par l’effort et si elle est motivée ». Il a préconisé de rejeter toute idée d’égalitarisme, qu’on aurait tort de confondre avec le principe de justice, qui génère la médiocrité.

Le contenu du curriculum doit s’enraciner dans notre culture et nos traditions, mais il doit être capable également de s’ouvrir au monde et à l’universel. Il doit lutter contre l’irrationalisme et y mettre de l’ordre. « On ne peut pas la fois enseigner la science à l’élève et continuer encore à le laisser croire aux loups-garous », expliqua t-il.

Pour toutes les matières, on doit se positionner au niveau des standards mondiaux. Il ne faut donc pas céder à la tentation de l’allègement, de la simplification, sous prétexte d’adaptation. Ce qui nous condamnerait encore à l’atrophie des connaissances, donc à la médiocrité.

Duel créole-français : l’avantage au créole

L’école fondamentale, dans les deux premières années doit se centrer sur ses missions essentielles : la maitrise de nos 2 langues officielles, la maitrise de la lecture, du calcul, bases de toute connaissance, la maitrise des outils linguistiques de communication. Le reste n’est qu’agitation stérile.

L’ex-ministre Dalencour croit qu’il ne faut pas penser l’enseignement ou l’utilisation du créole en termes d’exclusion mutuelle. Le créole doit être enseigné et utilisé dès la maternelle. Il faut laisser tomber cette polémique linguistique, et laisser les enfants s’exprimer.

L’enseignement de l’écrit doit être poursuivi. Il faut faire communiquer l’élève avec des mots. Trop d’étudiants ne maitrisent pas l’écrit, sont incapables d’écrire correctement une lettre, de tirer l’idée essentielle d’un article de journal. « Comment apprendre quand on ne maitrise pas les outils de communication ? », s’emporta t-il.

Il faut renoncer à toute tentative de l’utilitarisme sous prétexte d’efficacité qui éliminerait les cultures humanistes, les référents culturels, un socle de mémoire, pour cultiver un vouloir-vivre-ensemble.

« Les technologies de l’information et de la communication ne sont pas la panacée »

C’est une illusion de penser pouvoir intégrer les TIC de manière maitrisée à l’école sans en subir l’invasion. Elles ne sont pas un substitut à l’école. L’école doit réagir à la fascination qu’ont de tels outils sur de jeunes cerveaux mal préparés, dépourvus de jugement critique. Les TIC sont incapables de pallier aux insuffisances de la qualité de l’éducation en Haiti.

Il a eu raison de préciser que si l’élève ne peut pas exploiter des ressources sur des supports traditionnels, il ne pourra pas tout aussi bien le faire sur des supports numériques. « Pas de connaissance sans capacité d’abstraction. Ce principe ne changera jamais, dans son essence, dans l’acte d’enseigner et dans les processus d’apprentissage », affirma le spécialiste.

Des examens officiels

Selon Patrice Dalencour, il était urgent de redéfinir les rôles des examens du certificat et de ses objectifs, de soustraire les examens des aléas de la conjoncture. La suppression du baccalauréat rhéto était nécessaire car l’évaluation des disciplines littéraires était légère. Ce qui a eu pour résultats que les élèves ne travaillent plus ces matières et que les collèges font de plus en plus l’économie de ces disciplines.

Il ne faudrait pas que ces mesures prises récemment par le ministère soient un maquillage de l’échec et une révision académique à la baisse.  Que cette réforme nationale de l’éducation soit l’occasion de l’autorité rétablie !

L’école haïtienne, une jungle en friche

Anthony Alix, éducateur, entrepreneur Digicel de l’année 2012, fondateur du collège de Cote-Plage à Carrefour, et représentant du Consortium des Organisations du Secteur privé de l’Education (COSPE), a dressé un bilan très critique du plan national de l’enseignement fondamental en Haiti.

Son premier constat est que l’école haïtienne est très polarisée : écoles de riches contre écoles de pauvres, écoles de ville contre écoles rurales, écoles publiques contre écoles privées, bonnes écoles contre écoles-borlette… Ceci est la résultante d’un libéralisme sauvage. L’école n’est pas régulée par l’Etat. Ce qui conduit à un apprentissage approximatif des élèves, et à un gaspillage systématique des ressources.

Il dénonce le fait qu’une réforme éducative est en cours depuis 15 ans sans que le rendement n’ait jamais été évalué de manière systématique. Il égratigne donc un système qui fonctionne avec moins de 20% d’écoles disposant des infrastructures adéquates. Devant cet état de fait, quelles sont les finalités de l’éducation ? Une réforme, pour quoi faire ?

Anthony Alix a fournit ces réponses. Les finalités de l’éducation sont de former des citoyens responsables, des agents du développement politique, économique, social, culturels du pays ; de favoriser l’épanouissement de la personne humaine dans toutes ses dimensions. L’école doit viser avant tout la formation de l’Homme haïtien (humanité et citoyenneté), à lui donner une formation de base polyvalente et solide. « On ne peut pas construire sans savoirs », soupira t-il.

Un programme scolaire tout en contradictions

Maitre Alix récence les contradictions du programme scolaire du secondaire, écartelé entre inadéquation des objectifs, les compétences voulues et la réalité des conditions des écoles. Les cas de l’enseignement de l’informatique et de la communication linguistique sont les plus flagrants.

Comment vouloir que l’élève connait l’ordinateur (objectif) sans connaitre les logiciels de base (les compétences) alors qu’il n’en dispose pas dans son établissement (la réalité) ? Ou encore en communication française développer des attitudes à critiquer le message de l’autre sans violence sans développer au préalable ses capacités d’écoute de l’élève.

Régulation et accompagnement : les devoirs de l’Etat envers l’éducation

Selon lui, la seule voie pour faire évoluer le système éducatif consiste à oser. Par exemple, il faut éclater la salle de classe et ne pas la réduire à une salle fermée entre 4 murs ; faire du réseautage pour partager les expériences réussies ; faire évoluer les mentalités des directeurs d’écoles privées qui se croient propriétaires de l’école alors qu’en réalité, ils ne sont propriétaires que d’un établissement scolaire. L’école est un service public. Ils obtiennent seulement une autorisation de l’Etat pour le faire fonctionner. 

Il recommande à l’Etat d’être présent dans les écoles du secteur privé pour apporter un appui technique, didactique, financier, pour fournir des ressources humaines au besoin. Maniant le paradoxe et la contradiction, il reconnait qu’ « il n’y a pas un manque de formation en Haiti. Nous formons trop, au contraire. Mais plus on forme, moins les gens sont formés ». L’école haïtienne nécessite de la coordination et de la régulation par l’Etat central, et des dispositifs de contrôle des écoles fonctionnant sur tout le territoire national.

Nous voulons croire qu’il y a espoir qu’il soit entendu.

Jean-Gérard Anis

Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes

FOKAL

*Malheureusement tous des hommes. La seule intervenante prévue a désisté pour des ennuis de santé.

 

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