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Hommage à Arnaud de Buron

 

Livres ArnaudAu moment de la fermeture annuelle de FOKAL, nous avons appris avec un immense chagrin le décès, le 27 juillet 2017, d’Arnaud de Buron. Grand et discret ami d’Haiti, Monsieur de Buron a été un membre actif de plusieurs initiatives pour l’enfance et l’éducation en Haïti. Homme de goût et de délicatesse, ami d’une grande profondeur et d’une infinie élégance, il fut le créateur et le promoteur de la collection de livres sur l’art haïtien de Art Etche à laquelle FOKAL eut à apporter un soutien. Des multiples hommages qui lui furent rendus, nous avons choisi celui ci-dessous d’un de ses proches car ce texte nous a particulièrement touchés.

 

Arnaud

1er août 2017

Eglise Saint Martin Pau

          Ainsi, Arnaud, c’est définitif. Tu es parti sans date de retour et sans plus aucun port d’attache.

          Partir fut toujours la grande tentation de ta vie à laquelle tu as maintes fois cédé.

          Tu m’avais même un jour confié que tu t’étais décidé à céder ton bateau car tu pensais que si tu le laissais à quai au port, en permanence à ta portée, tu ne résisterais au désir qui te pousserait un jour ou l’autre à embarquer pour reconstruire ailleurs une nouvelle vie en abandonnant derrière toi les dépouilles de ton ancienne existence.

          Tes obligations familiales exigeaient que tu ne t’abandonnes pas à la tentation de l’ailleurs où tu savais, pour l’avoir expérimenté, qu’il était souvent facile d’y vivre.

          Ainsi, l’aventurier que tu étais est toujours resté un homme de principes et de bonne éducation.

        Tu avais compris mieux que quiconque que la vie est un voyage, mais que ce voyage n’était ni une fuite ni une errance mais un itinéraire, un chemin au bout duquel on ne trouve pas un autre lieu que soi-même, le chemin ne servant qu’à devenir ce que l’on est.

Aujourd’hui où tu as accompli toutes tes tâches, tu te retrouves tel qu’en toi-même, l’éternité s’apprête à te changer.

Avant le dernier instant, personne n’a de vie, car chacun est empêtré dans le passé, le présent et l’avenir. Or la vie n’acquiert son véritable sens que lorsqu’elle est achevée.

         En effet, la vie individuelle s’insère entre deux moments étrangement similaires qui en font intrinsèquement partie : la naissance et la mort.

         De fait, nous ne connaissons strictement rien de notre naissance que par ouï-dire, alors  que nous en étions le sujet principal. De même si nous pensons savoir quelque chose de la mort, il s’agit toujours de celle des autres jamais de la nôtre.

         Ainsi pour chaque individu ni la naissance ni la mort n’existent. Elles ne prennent forme que pour les autres, ceux qui restent, ceux qui sont là.

        A la naissance, en général, ils ressentent de la joie ; au moment de la fin ils ressentent de la peine, du chagrin. Ce chagrin naît non pas de la mort mais de l’absence de l’être aimé qui peut être vécu comme un déchirement.

         Mais n’oublions pas que la fin de vie du disparu a pu être pour celui-ci vécue comme une délivrance quand la souffrance physique lui apparaissait intolérable. L’essentiel reste pour lui l’accomplissement de sa vie : il doit en être de même pour nous.

         Toute vie individuelle est une expérience du temps au cours duquel il nous incombe de donner un sens à l’éphémère et d’y faire régner l’esprit alimenté par nos expériences. L’expérience de l’éphémère est une expérience du temps.

         Comme le dit l’Ecclésiaste, le temps est multiple : il y a un temps pour rire, un temps pour pleurer, un temps pour jouir, un temps pour souffrir, un temps pour aimer, un temps pour haïr, un temps pour apprendre, un temps pour enseigner, un temps pour l’échec, un temps pour le triomphe.

         Une personnalité ne se constitue qu’en traversant toutes ces époques, qu’en donnant un sens à toutes ces passions contradictoires, qu’en en prenant la mesure.

          La tâche de chaque homme est de donner un sens à son parcours au milieu des épreuves. Lorsque la tâche est accomplie, durer ne se justifie plus car la force s’évanouit, la flamme de l’esprit s’éteint, l’activité devient une vaine répétition.

         Arnaud a su accomplir sa tâche au milieu des difficultés, son exemple restera dans les mémoires et dans le quotidien de tous ceux qui l’ont connuet aimé.

         Etymologiquement, l’existence vient d’une locution latine « ex-esse » qui signifie hors de l’Etre ou à partir de l’Etre. C’est parce qu’on sort de l’Etre qu’on fait l’expérience du temps. Lorsque le temps est achevé, on regagne l’Etre, la Vie ou Dieu, selon les croyances, qui est l’Eternel, c’est-à-dire ce qui est.

         L’Etre est et il est père car il est générateur de toute vie individuelle dont il favorise par l’Amour la reproduction et il génère l’Esprit par l’enchevêtrement des sens que chacun produit.

         Nous ne t’oublierons pas mon cher Arnaud, car tu continueras à vivre en chacun de nous et de notre descendance jusqu’à ce que nous nous rejoignions pour participer à l’éternité de la Vie.

Adieu ou A Dieu

JP V

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